Trouver le chemin
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Depuis que la faux de la Dame en noir m'a frôlée,
même si elle m'a finalement épargnée,
je vis chaque minute comme si je pouvais mourir demain.
La vie et son caractère éphémère se côtoient en permanence
dans mon esprit. Ce n'est pas une angoisse ;
au contraire c'est une force.
Je profite encore mieux de chaque instant.
Je vis en pleine conscience de l'impermanence.
Cela m'empêche d'oublier qu'il y a urgence à bien faire,
urgence à dire à quelqu'un qu'on l'aime,
urgence à se réconcilier avec un ami, si c'est un ami,
au lieu de rester sur des positions stupides qui n'ont
en fait pas réellement d'importance.
Urgence à se débarrasser d'un amour-propre stérile,
urgence à vivre "vrai".
Je crois ne pas avoir de peurs, sauf celle de passer à côté,
de me tromper de chemin et de rater l'essentiel.
..... Mis à part la gestion difficile du quotidien,
j'ai décidé de choyer mon "disque dur" personnel.
Je veille à ne pas l'encombrer de dossiers inutiles.
Je m'interdis surtout de cultiver les rancoeurs.
Je ne suis jamais vraiment tombée dans ce travers,
mais aujourd'hui je sais combien il est important
de renoncer à ces émotions stériles qui nous font plus de mal
que de bien. Je reviens volontiers sur des a priori.
En revanche, j'évite les personnes qui, je le sais,
peuvent me blesser en tentant de me faire l'héritière
de leur mal-être.
Véronique Jannot (extraits de son livre "Trouver le chemin")
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