En entendant les déclarations de Ségolène Royal proposant, entre autres, un « encadrement militaire » des délinquants mineurs, on pouvait se dire que si Nicolas Sarkozy avait proposé ne serait-ce que la moitié de ces mesures, la gauche et l’extrême gauche, François et Ségolène en tête, auraient lancé des manifestations unitaires dans tout le pays, pour protester contre « l’arbitraire ». Mais c’est Ségolène qui l’a dit et à elle, parce qu’elle a du talent, du culot, une véritable analyse aussi, et qu’elle est femme et moderne, on passe tout. Elle est la petite fiancée des sondages ; mais jusqu’à quand ? L’Histoire nous dira si cette prise de position musclée sur la délinquance des mineurs, restera comme un séisme idéologique dans l’histoire de la gauche. Ou bien comme un pschitt sans lendemain. Les sondages bientôt et le PS qui la choisira (ou pas) en novembre, nous l’apprendront.22 et 23 mai auprès de 1 000 personnes.Il est encore trop tôt pour savoir si Ségolène Royal a sorti l’arme fatale contre Nicolas Sarkozy ; ou bien s’il s’agit là d’un dérapage qui risque de la faire sortir de la route, du moins de la route à l’investiture socialiste.Jean-Louis Debré lâche ChiracLundi.- Tout fout le camp dans la Chiraquie. La preuve : Jean-Louis Debré, le fidèle d’entre les fidèles, le dernier des chiraquiens, vient de prendre ses distances avec l’amnistie accordée à Guy Drut par son maître et ami.Si Debré lâche ainsi Chirac c’est que vraiment — comme le dit Nicolas Domenach dans un livre brillant et passionnant — ça va mal finir. (« Ça va mal finir », Plon-Perrin).L’ovation à BorlooMardi.- L’ovation folle faite par les députés UMP au ministre de la Solidarité Jean-Louis Borloo, est plus qu’une fronde parlementaire. C’est la censure implicite de Dominique de Villepin.Celle que plus de deux cents députés UMP, absents le jour où la motion a été déposée par les socialistes, auraient bien aimé voter. Cette péripétie n’est pas un accident.Elle s’inscrit dans un contexte. Les parlementaires UMP s’opposent de plus en plus souvent à un exécutif UMP qui les méprise, les maltraite, les néglige.Les incidents se sont multipliés ces derniers temps, qu’il s’agisse de l’amendement sur la colonisation voté, déjugé, revoté ; ou de la pantalonnade d’un CPE voté mais surtout pas appliqué à la demande du président de la République. Le système, la Ve République se dérègle dangereusement sous l’effet de la coutume chiraquienne. Le Parlement étouffe et regimbe de plus en plus sous le carcan. Le jour où il s’éveillera vraiment, bonjour les dégâts !Grands patrons : ils sont devenus fous !Mercredi.- Le patron de l’entreprise internationale Vinci, M. Zacharias gagnait l’équivalent de 7 000 SMIC. Un patron vaut donc 7 000 employés, ou presque. Et ce n’est pas tout.Pour avoir fait son travail, c’est-à-dire la privatisation des Autoroutes du Sud de la France, son conseil d’administration avait — originellement — décidé de lui allouer plusieurs millions d’euros. Des millions d’euros qui venaient s’ajouter aux 250 millions d’euros (un peu moins de deux milliards de francs !) récoltés par le même Zacharias en actions, stock-options et autres privilèges. Le système là aussi devient fou.Comment imaginer que les salariés, licenciés, futurs licenciés ou précaires, acceptent ce monde-là sans broncher ? Comment concevoir qu’un patron puisse gagner des centaines de fois ce que gagne un ministre ou un président de la République ?Comment imaginer que cela puisse continuer ainsi, comme si de rien n’était. Là aussi pour reprendre l’augure de Domenach : « ça va mal finir ».Un an de VillepinMercredi après-midi.- Drôle d’homme, drôle de discours. Au cours de sa conférence de presse mensuelle — qui n’est plus du tout l’événement qu’elle était au temps où la France était un peu mordue de l’athlète de la plage de La Baule — le Premier ministre avait l’air remonté comme une pendule.Il avait un sursaut d’énergie, et un regain de ce lyrisme laissé au vestiaire depuis son arrivée à Matignon. Les phrases étaient belles mais creuses.La fièvre et l’enthousiasme étaient là ; mais pourquoi faire ? Pourquoi dire ? Pour aller où ? Le Premier ministre donne l’illusion d’exister encore. Malgré ses efforts louables, il se trompe. Les Français l’ont zappé. Cruauté des peuples.Villepin-Zidane et Borloo-Trezeguet ?Mercredi soir.- Le Premier ministre a voulu s’attribuer les bons chiffres de la baisse du chômage. Il s’est donc invité à la conférence de presse organisée par Jean Louis Borloo, au dernier moment.En voulant se rendre intéressant et paternaliste à l’endroit de son ministre plébiscité par les députés pour le remplacer, Dominique de Villepin a cru être drôle et sympathique en disant à peu près ceci : « Zidane (c’est-à-dire moi) est toujours content quand Trezeguet (c’est-à-dire Borloo) marque un but. » Ce à quoi le facétieux Jean-Louis Borloo a précisé : « Oui mais le problème, c’est que pour le match de ce soir, Trezeguet n’a pas été sélectionné ». Gueule de Villepin.Les Verts sont des ShadoksVendredi.- Et pendant ce temps, pendant que la Terre tourne, se pollue ou devient folle, les Verts comptent, comptent et recomptent les bulletins pour départager Voynet et Cochet qui sont arrivés, lors du scrutin de désignation, à égalité précise.Les Verts comptent, comptent et comptent, comme jadis leurs frères Shadoks pompaient, pompaient, pompaient. |