L’idée de reconvertir les buralistes dans la vente des préservatifs est de celles qui honorent un gouvernement, qui marquent une époque et qui tire-bouchonnent de rire le citoyen. Certes, le passage du tabac au sexe exigera le recyclage du débitant, le changement du stock et, sans doute, la renonciation au symbole de la carotte, un peu vulgaire, mais il autorisera à truffer le dialogue commerçant de quelques savoureuses ambiguïtés :- Je voudrai un paquet de vingt.- Avec ou sans filtre ?- Si vous avez un gros tempérament, achetez plutôt une cartouche.- Avez-vous une cartouche pour faire les quatre cents coups ?Il faudra aussi compter avec le consommateur obstiné :- Donnez-moi en prime une cigarette, une seule !- Impossible. Vous savez bien qu’on ne vend plus que des préservatifs…- Je le sais, mais je fume toujours après l’amour… (Var-matin 06.06.06)