On comprend que le ministère des Finances soit devenu celui de l’Economie puisque personne – encore moins les particuliers que l’Etat – ne veut plus dépenser. Les cadeaux, les ristournes, les rabais et les soldes sont les maîtres mots d’une société où l’avarice des riches le dispute au manque de moyens des pauvres. Le juste prix tend vers zéro. La marge est honteuse. Les grands distributeurs, mués en philanthropes, rivalisent de générosité en pointant d’un doigt vengeur les concurrents moins équitables. Au point qu’il a fallu que la justice s’en mêle pour rappeler aux belligérants que, contrairement à ce que prétend la sagesse populaire, le bonheur n’est pas toujours affaire de comparaisons.