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Raymond Devos nous quitte...

Publié le par Nin@

 
- L'humoriste Raymond Devos - DR -

L'humoriste Raymond Devos - DR
Raymond Devos est mort jeudi à 83 ans d'une attaque cérébrale

Il était hospitalisé depuis plusieurs mois.

"J'adore être pris en flagrant délire", disait cet autodidacte qui jouait en virtuose sur les mots et leurs assonances, et avait inventé, à sa façon, un comique de l'absurde.

Son humour qui tenait de l'art poétique et du "nonsense" à l'anglaise avait fait les belles heures du "Grand Echiquier" de Jacques Chancel et des grandes scènes parisiennes, de Bobino à l'Olympia.

Raymond Devos était connu pour ses paradoxes cocasses : "Trois fois rien, c'est quelque chose". Parmi les autres phrases passées à la postérité, citons encore : "Si ma femme doit être veuve un jour, j'aimerai mieux que ce soit de mon vivant." ou "qui prête à rire n'est jamais sûr d'être remboursé".

Cet humour "intemporel" tout en jeux de langage était aux antipodes du comique fracassant qui fit irruption avec Coluche dans les années 80, marqué, lui, par sa prise directe avec l'actualité.

 

Né le 9 novembre 1922 à Mouscron (Belgique), Raymond Devos a deux ans  lorsque sa famille s'installe à Tourcoing, dans le nord de la France. Il  découvre à cinq ans, sur le perron de son école, son don de conteur et sa  vocation: le plaisir de captiver un auditoire.

Ce n'est qu'en 1945 qu'il peut les mettre en pratique, après avoir connu, à  la suite de la faillite de son père, la pauvreté dans la banlieue parisienne,  les petits boulots dès 13 ans aux Halles de Paris, puis la guerre et le service de travail obligatoire (STO).

Viennent les cours de théâtre chez Tania Balachova et Henri Rollan, puis de  mime chez Etienne de Croux. Dès 1947, il est engagé. Suivent alors les soirées  de cabaret à la Rose Rouge et au Vieux Colombier, et la comédie dans la troupe  de Jacques Fabbri.

 En 1957 débute à l'Alhambra en seconde partie ce que Devos appelle son  "aventure solitaire". Il présente son premier one man show en 1964 au Théâtre  des Variétés.

Avec "La Mer démontée", "Le Car pour Caen", "Les sens interdits", "Mon chien  c'est quelqu'un" ou "Sens dessus dessous", cet homme timide au physique d'ogre  débonnaire incarne un comique basé sur la chute, le malaise, l'échec,  l'humiliation.

Jusque dans les années 90, il multipliera tournées triomphales et one man  shows.

D'abord réticent à éditer ces textes, l'humoriste avait finalement publié  une dizaine d'ouvrages dont "Matière à rire" (1992), résumant alors ses  trente-cinq ans de scène. Viennent ensuite deux récits rocambolesques, "Un jour  sans moi" (1996), et "Les 40e délirants" (2002) puis, en 2003, une nouvelle  illustrée par Yves Saint-Laurent, "Une Chenille nommée Vanessa".

 Commandeur de la légion d'honneur, Devos avait reçu de nombreuses  distinctions, dont le Grand prix du disque de l'Académie Charles Cros (1975), un  Molière du meilleur one man show (1989), un Molière d'honneur (2000), le Grand  prix de l'humour de la Sacem (2001).

En 2003, le ministère de la Culture crée en son hommage le Prix  Raymond-Devos, destiné à récompenser un travail d'excellence autour de la langue  française.

En février dernier, une bataille judiciaire sordide avait éclaté autour de  son hospitalisation: une femme disant être sa compagne avait demandé à la  justice de l'autoriser à lui rendre visite alors que, selon sa famille et  l'hôpital, l'humoriste refusait de la voir.
   

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S
Devos c'est pas trop ma génération. J'ai jamais vu ses spéctacles.
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