L’autre soir, sur France 3, dans l’une de ces envolées oratoires dont il est coutumier, M. Douste-Blazy, ex-cardiologue parachuté au cœur de la diplomatie française, a déclaré : « La pauvreté est plus importante dans les pays pauvres ». Le sujet est grave et la constatation n’admet hélas ! aucun démenti. Reste la pauvreté de l’expression ministérielle. Ou bien elle est volontaire et vise à être comprise du plus grand nombre de la même façon que les paroliers populaires s’interdisent d’employer plus de deux cents mots dans leurs chansons. Ou bien l’actuel locataire du quai d’Orsay n’est pas un foudre d’improvisation. Auquel cas les mots lui auraient fait défaut au moment d’ouvrir la bouche. Ce qui est moins tragique que de manquer d’argent quand il s’agit de nourrir les affamés et de soigner les malades. Et puis, après tout, n’est-ce pas avec des formules aussi creuses que le sieur de La Palice (1470-1525) est passé à la postérité ?