Le jeu dit des « chaises musicales » est le passe-temps favori de tous les gouvernements. Il consiste – en déshabillant Pierre pour habiller Paul et à partir d’un seul remplacement – à changer de poste une série de hauts responsables. Ainsi cette course d’obstacles s’observe-t-elle dans l’administration préfectorale, dans la télévision publique et, comme on le constate actuellement, dans le secteur des transports où l’on peut passer sans assistance respiratoire du plancher des vaches à la stratosphère et des tramways aux TGV. Le procédé a pour avantages de renouveler les équipes, de stimuler les énergies et de calmer les ambitions. L’ennui, c’est que le nombre de chaises étant toujours inférieur au nombre de postérieurs candidats à une situation assise, certains grands commis restent debout et que l’alibi musical ne résiste pas longtemps aux fausses notes.