C'est aujourd'hui dimanche...
et c'est le jour J pour les Bleus !
Avant la finale, Thierry Henry compare l'Italie à un scorpion qui peut endormir sa proie avant d'attaquer. Sur le banc le 12 juillet 1998, le Gunner s'apprête à vivre un grand moment en finale, la deuxième de l'année pour lui après la Ligue des Champions. Celle-là, il faudra la gagner.
THIERRY HENRY, que ressentez-vous à l'idée de disputer une finale de Coupe du monde ?
T.H. : La même joie que lorsque tu te retrouves en finale d'une compétition importante. Il n'y a pas si longtemps que ça, j'ai eu la chance de me retrouver en finale de la Ligue des Champions. Peu de temps après, j'ai l'opportunité de me retrouver en finale de la Coupe du monde. Ce sont des moments qu'il faut savourer.
Pourtant, on peut dire que vous revenez de loin...
T.H. : C'est peut-être aussi ce qui fait notre force. On a été très critiqués, peut-être à juste titre sur le plan du jeu. On a beaucoup parlé de l'âge de l'équipe de France ou ce genre de choses. Je pense que les gens s'égaraient un peu. Mais il faut essayer de rester concentrés, même maintenant que les critiques sont meilleures. Il faut avancer et faire ce qu'on sait faire. C'est-à-dire de rester comme on est, on défend superbement bien et on essayer à chaque fois d'être aussi efficace que possible. C'est vrai que c'est un truc qu'on n'avait pas avant. Mais on voit une équipe de France qui se bat et qui sait être efficace quand il faut.
Vous n'avez jamais douté ?
T.H. : A un moment donné, c'est vrai que les joueurs se posaient des questions. Parce que c'est vrai que ça n'a pas toujours été simple pendant les qualifications. Mais comme je le disais avant qu'on soit en finale : si tu veux aller quelque part, il faut le faire en équipe. Quand tu joues en équipe, les individualités te font la différence. Mais pas avant. Et ça se vérifie aujourd'hui.
Quelle est la force de l'équipe de France ?
T.H. : Tout le monde attaque ensemble, tout le monde défend ensemble. On est morts de faim. Surtout, on essaie d'être décisif lorsqu'il faut l'être. Ce qui fait la différence, c'est que l'on sait que l'on peut se permettre de ne marquer qu'un but et de passer comme ça. Cela réconforte parce que tu n'es pas obligé de marquer deux ou trois buts pour gagner un match.
Est-ce une satisfaction d'avoir emmené Zidane en finale ?
T.H. : Demandez-lui, il vous dira qu'il ne fait pas cela pour lui. Bien sûr, on est obligé d'en parler car c'est un joueur fantastique mais, face au Portugal, on a vu une grande équipe avec une grande envie et difficile à manoeuvrer. Tout le monde parle de Zidane mais il ne faut pas oublier que ce sera aussi la fin de la carrière internationale de Thuram après cette Coupe du monde, peut-être de Makelele également. Mais ce n'est pas le plus important. Ce que l'on retient à la fin, c'est qu'on a été fantastiques en tant qu'équipe.
Comment envisagez-vous vos retrouvailles avec l'Italie ?
T.H. : Moi, je n'ai aucun problème avec l'Italie. En revanche, est-ce que cela sera une revanche de l'Euro 2000 ? Je ne sais pas ce qu'ils vont en penser ou en dire mais bon...
Quels problèmes peuvent vous poser les Italiens ?
T.H. : C'est une équipe qui cadre plus que les autres. On dit toujours que l'Italie est attentiste mais, face à l'Allemagne en demi-finale, ils ont tiré sur la barre, sur le poteau et ils ont quand même marqué deux buts. C'est une équipe qui arrive à endormir son adversaire pour mieux attaquer, un peu comme un scorpion. A nous d'être vigilants. Mais je crois qu'on a démontré face au Portugal que, nous aussi, on sait faire ça.
Après avoir battu l'Espagne, le Brésil et le Portugal, devenez-vous les favoris de la finale ?
T.H. : L'Italie sera favorite parce que c'est une équipe qui a l'habitude d'être en demi-finale ou en finale. En plus, elle s'est qualifiée en battant l'Allemagne chez elle. En demie, ils ont joué à l'italienne. Ils ont été patients, ils ont attendu leur heure. Quand ils ont vu que les Allemands étaient un peu fatigués, ils ont fait rentrer Iaquinta. Mais je n'ai pas vu quelque chose de différent par rapport à ce qu'on connait déjà des Italiens.
On retrouvera les deux meilleures défenses en finale...
T.H. : Ça ne me surprend pas parce que c'était la même chose en Ligue des Champions (entre Arsenal et Barcelone). On a toujours parlé d'Arsenal parce qu'on mettait des buts mais on n'en prenait pas non plus. Si on veut arriver à faire quelque chose, ce qu'il faut avant tout, c'est ne pas prendre de but.
On vous a senti fatigués face au Portugal...
T.H. : On n'avait peut-être pas les jambes pour mettre un second but, même si on a eu une belle occasion sauvée par le gardien. Sur une autre occasion, si Zizou m'avait donné le ballon un peu plus tôt, il aurait pu y avoir une situation de un contre un mais ce sont des choses qui arrivent. On aurait pu tuer le match mais on ne l'a pas fait. On sait également que l'on peut garder notre but inviolé et c'est un point très important à ce niveau de la compétition.