Var-Matin Date de parution : Samedi 15 juillet 2006
Monarchie de Juillet
C’est paradoxalement à chaque anniversaire de la Révolution que la République se donne le plus des airs de monarchie. Respectant un rituel immuable, le souverain élu (et réélu) vient d’abord en voisin et en grand équipage applaudir fantassins empanachés et cavaliers d’un autre âge. Puis il reçoit ses sujets en son palais. Après quoi il abandonne sa cour et passe au jardin où, bon prince, il répond aux manants délégués par les médias. Le Roi est formidable. Il a tout dans la tête : le Liban, le chômage, l’Afrique, la Sécu et même Zidane. Quand on lui parle du fameux coup de « boule », il avoue qu’il se retient souvent pour ne pas en donner. Lorsqu’on aborde son bilan, il évoque le sexe des anges. Nulle inquiétude : tout ce qu’on n’a pas pu faire en onze ans, on va le régler en dix mois. Le Roi paraît si content de son royaume et de son règne qu’à la fin on s’étonne qu’on n’ait pas substitué à la « Marseillaise » « Tout va très bien Madame la Marquise »…