L’interview télévisée de Jacques Chirac par Patrick Poivre d’Arvor et David Pujadas dans le parc du palais de l’Elysée était sans doute la dernière de la présidence Chirac. Elle aura aussi été l’une des plus réussies. Jacques Chirac est rarement à l’aise à la télévision et considère certainement l’interview rituelle du 14-Juillet comme un devoir de sa charge plutôt que comme un privilège enviable.Cette fois-ci, servi par les circonstances, il est cependant apparu à son avantage. La brusque tension au Proche-Orient y est évidemment pour beaucoup : le sujet s’imposait et il a donné au chef de l’Etat l’occasion de s’exprimer sur son meilleur registre, celui de l’homme d’Etat expérimenté et sage, influent sur la scène internationale, bien décidé à y faire entendre la voix de la France. Ses propos, équilibrés et énergiques, ne pouvaient être que bien accueillis.Par ailleurs, Jacques Chirac sort progressivement depuis quelques semaines des abîmes d’impopularité où l’avait précipité la gestion désastreuse du CPE (Contrat Première Embauche) par Dominique de Villepin.Le CPE s’éloigne, le souvenir de la crise des banlieues s’estompe (peut-être imprudemment), le chômage reflue, la croissance s’améliore légèrement, c’est l’été et la trêve estivale. Les sujets de mécontentement cèdent provisoirement la place aux sujets de satisfaction.Le chef de l’État, soucieux d’achever son second mandat dans un climat apaisé et si possible positif, applique de surcroît une tactique habile. Dans une interview précédente avec Arlette Chabot, il avait évacué tous les sujets qui fâchent (Clearstream, Gaz de France-Suez, EADS, etc.) et depuis, il multiplie les gestes consensuels qui le font apparaître en patriarche œcuménique de la République.Il a célébré à juste titre les combattants africains de l’Armée française, inauguré à Verdun un monument aux valeureux soldats musulmans, commémoré solennellement cette semaine le capitaine Dreyfus sur les lieux mêmes où il avait été injustement dégradé et insuffisamment réhabilité.Hier, il s’est gardé de toute attaque polémique et a même trouvé la force de se montrer aimable avec Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat fait preuve d’un professionnalisme intact.Cette nouvelle phase se ressent dans les sondages où l’image de Jacques Chirac qui partait de bien bas s’améliore sensiblement. Le chef de l’Etat construit méthodiquement la voie qui lui permettra peut-être de réussir sa sortie dans des conditions plus apaisées que celles qu’avaient connues ses prédécesseurs en pareilles circonstances, soit qu’ils aient dû quitter le pouvoir à l’issue d’une élection perdue (le général de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing), soit que la maladie les ait submergés (Georges Pompidou et François Mitterrand). Peut-être aussi les Français lui manifestent-ils une sympathie plus généreuse parce qu’ils anticipent désormais son départ.
nous savons qui va partir et peut etre payer certaines aneries d\\\'avant la presidence.Mais qui va le remplacer ??? il y a foule de pretendants pour la place du trône,