Si la lutte contre le dopage est une croisade aussi primordiale que le prétendent les ministres, les médecins et les présidents de fédération, pourquoi la cantonner au sport ? Il serait équitable et prudent qu’après un discours, les politiciens se soumettent à un contrôle hormonal, qu’avant un match les commentateurs soufflent dans le ballon, que les écrivains capables de publier sans tremper leur plume dans l’alcool bénéficient d’un label familial, et qu’à l’inverse les œuvres des artistes portés sur les paradis artificiels soient signalées par une seringue. Ainsi, en prenant le risque courageux de voir se réduire les performances de toute nature, moraliserait-on les marchés. Une tolérance serait toutefois consentie aux chroniqueurs drogués au chocolat…