C’est à la fois très moderne et beau comme l’antique : un couple politique en vue se trouve sommé de choisir publiquement entre le pouvoir et l’amour. Ainsi François et Ségolène prennent-ils la relève d’Antoine et Cléopâtre (après leurS défaiteS ils s’expatrièrent puis se donnèrent la mort), de Roméo et Juliette (issus de deux familles qui, déjà, ne s’entendaient pas) ainsi que d’Héloïse et Abélard (c’est le mâle qui perdit la partie). Pour l’heure et profitant d’un regrettable vide constitutionnel ces deux candidats à la magistrature suprême se rejoignent chaque nuit dans le même lit. Continueront-ils à dormir ensemble à l’Elysée si l’une bat l’autre ? Et, devant cet affrontement racinien, quel arbitrage cornélien rendront leurs enfants en âge de voter ? Il serait de mauvais augure pour le prochain quinquennat qu’une élection fondée sur le rassemblement ait pour premier effet l’implosion d’un foyer jusque-là paisible.