Ticket de bestiaire
Les paysans sont incontournables qui, en plein Barnum électoral, tiennent le dernier salon où l’on cause. Ainsi les candidats qui n’ont pas toujours le temps de labourer la France profonde viennent chercher leur ticket de bestiaire à la Porte de Versailles.La chasse aux parrainages et la pêche aux voix ne sont toutefois efficaces que si le contact humain passe par l’animal. On ne séduit les éleveurs qu’en flattant le cul des vaches et il est infiniment plus gratifiant de se faire photographier avec une brebis anonyme qu’en compagnie d’une chanteuse connue.Hélas ! le regard des bovins en dit davantage que les discours de Bové sur la lassitude du monde rural. On voit bien que les taureaux ne sont plus dupes des caresses de circonstance, que les veaux refusent d’être comparés à des citoyens et que les moutons ont enfin compris qu’il ne fallait pas voter pour Panurge.
Billet d'humeur de ph bouvard var-matin du 5.03.2007
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