Var-Matin Date de parution : Mercredi 09 août 2006
Un progrès
Le malheur, comme le bonheur, doit être affaire de comparaisons puisqu’après les deux viols ayant assombri les fêtes de Bayonne un haut fonctionnaire local a cru bon de se féliciter d’un « progrès sur l’an passé où on avait recensé cinq agressions sexuelles ». La réaction en dit long sur l’inhumanité des statistiques et sur le fatalisme administratif devant la nature humaine. Le viol demeure donc programmé dans les liesses populaires des pays civilisés. On connaît les vrais responsables qui, eux, n’ont jamais maille à partir avec la justice : les producteurs de télé-galipettes qui érigent l’adultère en sport de haut niveau, la publicité qui ne sait rimer qu’avec nudité et d’une façon plus générale la violence cinématographique et littéraire qui tient lieu d’expression aux créateurs qui n’ont rien d’autre à sublimer.